LE MARIAGE ‘’STYLE DE VIE NOUVELLE’’

La Révolution de 1945 qui a mis fin à huit décennies de domination étrangère, voulait en même temps faire œuvre démocratique en lançant un « style de vie nouvelle » qui devait libérer le peuple des pratiques sociales surannées, onéreuses et alambiquées.

Les rites du mariage, par exemple, duraient des années et ruinaient plus d’une famille pour toute la vie. Sans parler des coutumes luxueuses et hybrides dues à l’imitation servile des mœurs matrimoniales occidentales pendant la période de la colonisation française.
Les noces avec des formes archaïques suivaient l’étiquette fixée par le philosophe chinois de l’orthodoxie confucéenne Zhu Xi (XIIIe siècle) dans son traité Van Công gia le (Cérémonial familial de Zhu Wei Gong). Même en simplifiant sa réglementation, il fallait passer par de nombreuses opérations : pourparlers confiés à des entremetteurs, échange des caractères cycliques indiquant l’heure et la date de la naissance du jeune homme et de la jeune fille, demande en mariage, fiançailles, mariage proprement dit, cérémonies du fil rouge en l’honneur du Vieillard de la Lune (Génie du mariage), visite du deuxième jour chez les parents de la mariée, paiement du droit de mariage au village natal du marié, etc. j’en passe. Rien que pour les fiançailles, la famille de la jeune fille exigeait des offrandes pour tous les membres de son clan familial, ses amis et connaissances : chaque offrande comportait un gâteau carré (hanh chung), un gâteau rond (banh dày), un paquet de nem (pâté de porc), quatre noix d’arec, et quatre feuilles de bétel. Le jour du mariage, il fallait inviter à manger presque la moitié de son hameau pour payer ses « dettes de bouche ».

La Révolution de 1945 a fait table rase de tous ces rites plus ou moins encombrants. Les deux guerres de résistance qui l’ont suivie ont consacré une forme de mariage « style de vie nouvelle », qui réduit les cérémonies à leur plus simple expression : il s’agit souvent d’une réunion de parents, d’amis et de collègues au cours duquel les beaux-parents et surtout les représentants du bureau, de l’usine ou de la coopérative rappellent au jeune couple, dans l’ivresse de son bonheur, de ne pas oublier « ses devoirs envers la Patrie ». Ces « meetings », bien qu’agrémentés de musique, de chansons et de poèmes improvisés, ont fini par devenir monotones et même oiseux. Certains couples, surtout depuis le retour de la paix, cherchent à y remédier en recourant pêle-mêle à des pratiques traditionnelles et occidentales.
Dans le domaine du mariage, nous attendons encore une forme de mariage harmonieuse combinant l’ancien et le moderne.

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